Impayés & Procédure

Combien de loyers impayés avant une procédure d’expulsion ?

Beaucoup de propriétaires se posent la même question : combien de loyers impayés avant une procédure d’expulsion ? Faut-il attendre deux mois, trois mois, ou davantage avant d’agir ?

En réalité, il n’existe pas un nombre unique de loyers impayés qui déclenche automatiquement une expulsion. Le bailleur ne doit pas attendre passivement que la dette grossisse, mais il ne peut pas non plus expulser lui-même un locataire.

L’enjeu est donc de comprendre la bonne chronologie : relance, mise en demeure, commandement de payer, puis éventuelle procédure judiciaire si la situation n’est pas régularisée.

Combien de loyers impayés avant une procédure d'expulsion

Combien de loyers impayés avant une procédure d’expulsion : la réponse rapide

Il n’existe pas de seuil légal de deux ou trois loyers impayés à attendre avant d’agir. Dès le premier loyer impayé, même partiel, le bailleur peut engager des démarches : relance écrite, mise en demeure, puis commandement de payer par commissaire de justice si la dette persiste.

En revanche, l’expulsion elle-même n’est jamais automatique. Pour un bail d’habitation soumis à la loi du 6 juillet 1989, la clause résolutoire ne produit effet qu’après un commandement de payer resté infructueux pendant le délai légal applicable.

Attendre plusieurs mois sans rien faire est rarement une bonne stratégie. Plus la dette augmente, plus elle devient difficile à régulariser pour le locataire et plus le dossier devient lourd pour le bailleur.

La bonne question n’est donc pas seulement “combien de loyers impayés ?”, mais plutôt : “à quel moment faut-il passer à l’étape suivante ?”

Peut-on agir dès le premier loyer impayé ?

Oui. Dès le premier retard de paiement, le bailleur peut agir, mais il doit le faire progressivement et proprement.

Agir ne veut pas dire lancer immédiatement une procédure d’expulsion. Cela veut dire vérifier la situation, contacter le locataire, garder une trace écrite et éviter de laisser l’impayé s’installer.

Dès le premier impayé, le bailleur peut

  • vérifier que le paiement n’est pas simplement en cours ;
  • envoyer une première relance amiable ;
  • demander une date claire de régularisation ;
  • conserver les échanges avec le locataire ;
  • prévenir le garant ou vérifier les garanties disponibles si la situation se prolonge.

Si le retard est récent, consultez aussi notre guide sur le retard de loyer de quelques jours.

Le piège financier : pourquoi attendre peut coûter très cher

Lorsqu’un locataire ne paie pas, certains bailleurs attendent plusieurs mois avant de formaliser les choses, en espérant une régularisation spontanée. C’est souvent une erreur.

Une procédure liée à des loyers impayés peut prendre du temps, surtout si le dossier doit aller jusqu’à une décision judiciaire puis à une phase d’exécution. Si vous attendez trois mois avant d’envoyer vos premiers courriers formels, vous ajoutez mécaniquement trois mois de dette à un calendrier déjà long.

Exemple concret

Pour un loyer de 850 € charges comprises, trois mois d’attente représentent déjà 2 550 € de dette supplémentaire, avant même d’avoir engagé une démarche formelle. Plus la dette augmente, plus un plan de remboursement devient difficile à tenir.

Agir tôt ne signifie pas lancer immédiatement une expulsion. Cela signifie poser des traces écrites, demander une date de paiement claire et éviter que le dossier devienne ingérable.

Pour cette première étape, vous pouvez utiliser notre modèle de relance pour loyer impayé, avec des exemples de SMS, email et courrier.

Quand passer à une mise en demeure ?

La mise en demeure devient utile lorsque la première relance reste sans réponse, lorsque le locataire promet de payer mais ne le fait pas, ou lorsque la dette commence à s’accumuler.

Elle permet de formaliser la demande de paiement et de montrer que le bailleur ne se contente plus d’un simple rappel informel.

La mise en demeure doit rappeler

  • l’identité du locataire ;
  • l’adresse du logement ;
  • le montant exact du loyer impayé ;
  • la période concernée ;
  • le délai laissé pour régulariser ;
  • les conséquences possibles en cas d’absence de paiement.

Vous pouvez consulter notre modèle de mise en demeure pour loyer impayé pour rédiger un courrier structuré.

Avant d’engager une démarche plus formelle, un accord amiable peut parfois permettre de stabiliser la situation si le locataire reprend le paiement du loyer courant. Dans ce cas, utilisez un plan d’apurement de loyer impayé clair et signé.

À quoi sert le commandement de payer ?

Le commandement de payer est une étape plus formelle que la relance ou la mise en demeure. Il est délivré par un commissaire de justice et peut viser la clause résolutoire prévue au bail.

Lorsque la clause résolutoire est visée, elle ne produit pas effet immédiatement. Pour un bail d’habitation soumis à la loi du 6 juillet 1989, l’article 24 prévoit notamment que la clause ne produit effet qu’après un délai de six semaines suivant un commandement de payer demeuré infructueux.

Le commandement de payer ne doit pas être confondu avec une simple lettre du propriétaire. C’est un acte formel délivré par un commissaire de justice, qui s’inscrit dans une procédure encadrée.

L’article de la semaine prochaine sur le commandement de payer détaillera cette étape, ses délais et les erreurs à éviter.

Combien de loyers impayés avant de contacter un commissaire de justice ?

Il n’est pas nécessaire d’attendre un nombre fixe de loyers impayés pour demander conseil à un commissaire de justice. En pratique, le bon moment dépend surtout de la réaction du locataire.

Il peut être pertinent de consulter rapidement si

  • le locataire ne répond plus ;
  • la dette dépasse un mois de loyer ;
  • la mise en demeure reste sans effet ;
  • le locataire multiplie les promesses non tenues ;
  • le garant ne répond pas ;
  • l’assurance loyers impayés impose un délai de déclaration.

Si le défaut de paiement s’accompagne d’un silence total, la situation devient plus urgente. Découvrez comment réagir face à un locataire injoignable en situation de loyer impayé pour acter vos démarches sans commettre d’erreur.

Le locataire peut-il éviter la procédure en payant la dette ?

Oui. L’objectif initial n’est pas toujours d’aller jusqu’à l’expulsion. Dans de nombreux cas, le paiement de la dette ou la mise en place d’un accord écrit peut permettre d’éviter l’escalade.

Le locataire peut régulariser totalement la dette, proposer un paiement partiel ou demander un échéancier. Le bailleur peut accepter une solution amiable, mais il doit protéger son dossier.

Attention au paiement partiel

Un paiement partiel peut être utile, mais il ne doit pas créer de confusion. Le bailleur doit confirmer par écrit le montant reçu, le solde restant dû et la date prévue de régularisation.

Pour approfondir, consultez notre article : peut-on accepter un paiement partiel du loyer ?

Quels documents conserver avant une procédure ?

Avant toute démarche plus formelle, le bailleur doit constituer un dossier clair. Ce dossier permettra de justifier le montant de la dette, les relances effectuées et les démarches engagées.

Documents utiles à conserver

  • le bail signé ;
  • l’acte de cautionnement, s’il existe ;
  • les avis d’échéance ou appels de loyer ;
  • les relevés bancaires montrant l’absence de paiement ;
  • les SMS, emails et courriers de relance ;
  • la mise en demeure ;
  • les preuves d’envoi en recommandé ;
  • les échanges avec le garant, Visale ou l’assurance loyers impayés.

Notre guide sur les documents à conserver en tant que bailleur peut vous aider à structurer votre dossier locatif.

Les erreurs à éviter en cas de loyers impayés

Même lorsque plusieurs loyers restent impayés, le propriétaire ne peut pas se faire justice lui-même. Certaines réactions peuvent fragiliser le dossier et exposer le bailleur à des sanctions.

À ne jamais faire

  • changer la serrure pendant l’absence du locataire ;
  • entrer dans le logement sans autorisation ;
  • couper l’eau, l’électricité ou le chauffage ;
  • menacer le locataire d’expulsion immédiate ;
  • harceler le locataire par appels répétés ;
  • prévenir les voisins ou l’employeur de la dette ;
  • attendre plusieurs mois sans conserver de preuves écrites.

Une expulsion doit respecter une procédure légale. Le bailleur ne peut pas décider seul de faire sortir le locataire du logement.

Si le bail arrive à son terme ou si le locataire quitte le logement avec une dette, le dépôt de garantie peut entrer dans le calcul du solde final. Retrouvez notre guide dédié au dépôt de garantie et au loyer impayé.

Alors, combien de loyers impayés faut-il attendre ?

La réponse pratique est simple : il ne faut pas attendre un seuil arbitraire. Dès le premier loyer impayé, le bailleur doit relancer. Si la situation ne se régularise pas, il doit formaliser progressivement ses démarches.

Chronologie simplifiée d’un impayé

  • Jour 1 à 3 : vérifier le paiement et relancer calmement.
  • Jour 3 à 7 : envoyer une relance écrite par SMS ou email.
  • Après relance sans réponse : formaliser par courrier.
  • Dette persistante : envoyer une mise en demeure.
  • Absence de régularisation : envisager un commandement de payer par commissaire de justice.
  • Commandement infructueux : poursuivre la procédure selon le cadre légal applicable.

Si vous cherchez une vue d’ensemble, consultez aussi notre guide : locataire qui ne paie plus son loyer : que faire ?

À lire aussi sur les loyers impayés

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FAQ : loyers impayés et procédure d’expulsion

Faut-il attendre deux loyers impayés pour agir ?

Non. Le bailleur peut relancer dès le premier loyer impayé. Attendre plusieurs mois sans agir peut rendre la dette plus difficile à récupérer.

Un seul loyer impayé suffit-il pour expulser un locataire ?

Non. Un loyer impayé permet d’engager des démarches de relance et de recouvrement, mais l’expulsion elle-même suppose une procédure encadrée. Le bailleur ne peut pas expulser seul le locataire.

Quand envoyer une mise en demeure ?

La mise en demeure est utile lorsque les premières relances restent sans effet, lorsque le locataire ne répond pas ou lorsque la dette commence à s’accumuler.

Qui délivre le commandement de payer ?

Le commandement de payer est délivré par un commissaire de justice. Ce n’est pas une simple lettre du propriétaire.

Le locataire peut-il éviter la procédure en payant ?

Oui. Le paiement total de la dette ou un accord écrit sérieux peut permettre de régulariser la situation. En cas de paiement partiel, le solde restant dû doit être confirmé par écrit.

Sources utiles